2016 Speranza

Charlotte Pringuey-Cessac ouvre une brèche de 24 m dans une pente dégagée en forêt qu’elle constelle de centaines de blocs de charbon de bois. La matière première noire, calcinée qui affleure le sol dessine de loin une traînée, un filon. Les formes oblongues taillées aux reflets naturels palpitent au cœur de cette faille, invitent à une archéologie primitive et sensible, témoignent des forces telluriques et humaines à l’œuvre dans Speranza.

2011 Kanesuiban

Le lavoir de Mougins date de 1894. Dans les années 70, les habitants du village y lavaient encore leur linge. Restauré, il reçoit un toit en bois, ses ouvertures sont vitrées, et son entrée principale obstruée. Au moment de proposer un projet d’installation dans ce lavoir étrangement emmuré, toute mon attention s’est bien évidemment portée sur le bassin.

En pierres de La Turbie, il émane de son architecture quelque chose de familier. Né d’une volonté de conserver un lien avec la culture et les traditions populaires, le bassin se trouve ici détourné de son aspect fonctionnel pour offrir au regard une interprétation du lieu relative à l’imaginaire. Kanesuiban fait référence aux fontaines à souhait, aux arbres à vœux et autres inventions ou créatures mythiques.

Ce projet envisage l’architecture du bassin à la fois comme surface et volume. Des morceaux de charbon de bois recouvrent entièrement la structure du bassin, formant ainsi une « peau », non plus simulée mais bien réelle. Par le geste du collage et du recouvrement, l’image acquiert une matérialité nouvelle et devient volume.

Kanesuiban signifie « lavoir doré » en japonais, inspiré du yôkaï Kanedame (esprit doré).

Les yôkaï sont des créatures fantastiques et mystérieuses des traditions populaires japonaises.

2010 Prix Bonnard

À l’occasion de l’édition 2010 de l’U.M.A.M, Simone Dibo-Cohen m’a proposé un espace atypique, une voûte dans le Château-Musée Grimaldi de Cagnes-sur-Mer. Réfléchissant à une installation murale, je me suis inspirée de l’ambiance mystérieuse qui se dégageait de cette salle.

Recouvrir la paroi murale de charbon de bois et inclure des éléments pleins comme les troncs carbonisés étaient une nouvelle manière d’appréhender le dessin dans l’espace, de le faire sortir de la surface pour qu’il devienne volume. Le charbon de bois, outil de dessin employé à l’état brut, reprenait ainsi ses propriétés sculpturales et jouait également avec le dessin de frondaison présent sur le reste de la voûte et du mur.